Des questions sur un bénévolat à Télé-Accueil Charleroi?

Peut-être vous posez-vous la question d’effectuer un bénévolat depuis un petit temps et peut-être même avez-vous envisagé de le faire à Télé-Accueil Charleroi ?  Il ne vous reste plus qu’un pas à faire pour découvrir une expérience riche d’un point de vue humain et personnel. Nous allons répondre à quelques questions que nous avons pu entendre (par le passé) chez des personnes intéressées par le projet et qui pour la plupart font désormais partie de l’équipe de bénévoles à Télé-Accueil Charleroi !

 

Q: Faut-il avoir un diplôme dans le social ou être « psy » pour savoir écouter ?

R: Non, la formation à l’écoute active que chaque candidat au bénévolat doit suivre est la même pour tout le monde. Peu importe que vous ayez déjà suivi des formations par le passé ou que vous « partiez de zéro », la formation permettra de faire émerger les compétences qui vous seront utiles lors de l’écoute des personnes en difficultés ou de les développer et de les parfaire si vous en avez déjà. Les seuls réels prérequis sont l’envie de s’investir pour la communauté et de se rendre disponible à l’autre.

 

Q: Y a-t-il beaucoup de théorie dans la formation ?

R: La formation est principalement basée sur l’expérimentation pratique par des exercices d’écoute, d’où sont tirés les apprentissages. L’expérience, la réflexion personnelle sur sa manière d’écouter, et la remise en question font partie intégrante de la formation et il n’y a donc pas de « syllabus » à étudier. Dans un second temps, un stage à l’écoute permet de mettre en pratique ces apprentissages et donc d’expérimenter encore plus.

 

Q: Est-ce qu’il y a un âge requis pour pouvoir devenir bénévole ?

R: Nous acceptons les personnes entre 21 et 75 ans.

 

Q: Comment sont choisis les jours de formations ?

R: L’équipe de Télé-Accueil Charleroi essaye d’accommoder au mieux les desiderata des participants en proposant plusieurs horaires. La formation en elle-même consiste en 4 journées de 5h réparties sur un mois environ.

 

Q: Comment ça se passe pour le choix des horaires d’écoute ?

R: Pour réaliser les 16h d’écoute par mois, les bénévoles choisissent eux-mêmes parmi les horaires qui leurs conviennent le mieux. Ces plages horaires font au maximum 5h et il est possible de faire plus que 16h par mois si l’écoutant le souhaite. Il lui est également demandé de réaliser une nuit par mois afin que le service soit accessible 24h/24, mais des dérogations sont possibles en fonction de la situation de chacun.

 

Q: Si jamais je reçois un appel difficile, qu’est-ce qui est mis en place/que je peux faire ?

R: Un bénévole qui se sentirait touché ou interpellé par un appel peut en tout temps contacter une des psychologues permanentes et chaque bénévole est tenu de participer à 2h de supervision de groupe par mois. Ces supervisions sont encadrées par une psychologue et permettent à chacun de déposer ce qu’il souhaite et de réfléchir à comment gérer autrement les appels afin de pouvoir reprendre son prochain horaire d’écoute plus serein.

 

Q: Où se situent les locaux d’écoute et y a-t-il des défraiements pour les déplacements ?

R: Ils se situent dans la région de Charleroi mais l’adresse exacte reste secrète jusqu’à la fin de la formation afin de garantir l’anonymat et la sécurité des écoutants. Les déplacements ne sont pas défrayés même si le service offre une petite contribution en fonction de ses moyens.

 

Q: Pourrais-je prendre l’écoute à domicile ?

R: Non, ce n’est pas compatible avec le fonctionnement de Télé-Accueil Charleroi.

 

Q: Si un appelant est en danger ou dans l’urgence, que suis-je autorisé à faire ?

R: En tant que service d’écoute exclusivement, Télé-Accueil ne peut pas intervenir car cela briserait l’anonymat. La seule chose à faire en cas d’urgence est de proposer à la personne de contacter un service approprié (ex. le 112 ou le 101).

 

Alors, intéressé par un bénévolat à Télé-Accueil Charleroi ? Des informations complémentaires se trouvent ici et vous pouvez contacter notre secrétariat au 071/47.50.34.

 

« La formation à Télé-Accueil, c’est un peu comme quand on apprend à conduire : d’abord, on part de presque rien ou avec des aprioris sur les choses à faire et ne pas faire sur la route. La formation initiale c’est un peu comme quand on apprend le code de la route, les choses importantes à savoir. Le stage d’écoute c’est comme quand on conduit accompagné. Et pour finir quand on devient bénévole, c’est comme quand on a reçu le permis : on conduit seul mais on continue encore à apprendre et améliorer sa conduite au fil des mois. »

-Un bénévole de Charleroi

L’écoute active et le bénévolat participent au bien-être

L’écoute active et le bénévolat participent au bien-être

Les recherches scientifiques mettent en avant que les personnes qui ressentent le plus de bien-être disposent d’une meilleure adaptation aux événements stressants.

Or, la crise du COVID-19 a touché l’ensemble de la population mondiale en suscitant beaucoup d’inquiétude, voire de l’angoisse. En effet, le stress peut être ressenti dès que nous percevons une situation menaçante pour nous-même ou pour autrui. À partir de ce moment, nous allons consciemment, ou inconsciemment, évaluer si les ressources qui nous sont disponibles peuvent nous aider à répondre à l’exigence de l’évènement et ainsi réduire le stress engendré. Celles-ci peuvent être d’ordre personnel (état de santé, sentiment de compétence, etc.), d’ordre relationnel ou organisationnel. Je vous propose de découvrir l’écoute active et le bénévolat comme ressources et participatifs au bien-être.

1.L’écoute active

L’importance de s’écouter ne cesse de résonner au sein des locaux de Télé-Accueil. Ceci n’a jamais été aussi vrai et indispensable que pendant cette période de pandémie. L’écoute active telle qu’elle est promue à Télé-Accueil, induit le fait de s’accepter en tant que sujet avec ses émotions, ses ressources, mais aussi ses difficultés. Pour les personnes particulièrement soucieuses d’autrui, se préoccuper de soi peut être l’exercice le plus difficile ! Au-delà de l’empathie, nous parlons ici de la capacité d’être auto-empathique :

Des chercheurs tels que Kristin Neff soulignent que les personnes qui savent faire preuve d’auto-empathie se sentent moins déprimées ou anxieuses et supportent mieux les événements douloureux et stressants.

L’écoute active dans le cadre de Télé-Accueil inclut également la capacité de prendre une distance nécessaire pour appréhender la dynamique des appels, ce qui permet d’éviter de se sentir envahi par ses propres émotions et celles de l’appelant. Ainsi, lorsqu’un événement stressant survient, prendre du recul en s’observant nous-même en interaction avec ce qui nous entoure, peut permettre de comprendre ses ressentis, ses actions et ses pensées dans ce contexte et à ce moment en particulier. Mettre du sens peut donner un sentiment relatif de reprise de contrôle sur soi et sur la situation, ce qui participe à la régulation des émotions. Notons que nous parlons de « réguler » l’émotion et non de l’étouffer, il s’agit plutôt d’accepter ce que l’on ressent, sans se laisser submerger par elle.

Au final, selon Mylène Vincent de Secours-Amitié (Canada) « le fait de se mettre à l’écoute de l’autre contribue à réduire le stress, le rythme cardiaque diminue et l’attention est portée sur le moment présent, sur ce que vit la personne qui s’exprime. Ainsi, être à l’écoute améliore le bien-être, permet de rester près des besoins de la personne et de son vécu » (extrait du magazine « La Tribune »).

 

2.L’engagement bénévole

Une étude menée à l’Université de Liège (2012) met en avant une corrélation entre le bien-être et les comportements prosociaux. En effet, elle souligne que les individus qui se sentent le plus heureux seraient plus enclins à venir en aide aux autres et à l’inverse, faire preuve d’altruisme augmenterait le sentiment de bien-être. Le bien-être est donc à la fois un préalable et une conséquence des comportements pro-sociaux.

Aider autrui nous rendrait donc heureux ? Déjà en 1991, les chercheurs Luks et Payne constataient une augmentation du niveau de bien-être ressenti au moment où la personne apporte son soutien à autrui. Dans leur étude, 43% des aidants perçoivent une augmentation de leur énergie lorsqu’ils apportent de l’aide et 13% une réduction de leur propre douleur. Ils nomment cette sensation le « shoot de l’aidant ».

D’où provient cette impression de bien-être ? En observant de plus près le fonctionnement de notre cerveau, nous constatons l’existence de 4 hormones dites du bonheur : la sérotonine, la dopamine, l’ocytocine et les endorphines. Ces hormones provoquent des émotions, des sensations agréables, qui permettent de mieux combattre le stress. Celles-ci sont indispensables à notre survie et à notre santé mentale. En effet, les scientifiques remarquent qu’une baisse de l’activité des neurones sérotoninergiques, qui produisent la sérotonine, est associée à certaines formes de dépression et au passage à l’acte suicidaire. C’est pourquoi, des antidépresseurs ont été créés pour augmenter la concentration de la sérotonine intra-synaptique (les Inhibiteurs de Recapture Sérotonine IRS), c’est-à-dire entre la zone de contact fonctionnelle qui s’établit entre deux neurones, ou entre un neurone et une autre cellule.

 

Que se passe-t-il lorsque nous venons en aide à quelqu’un ? Les recherches montrent que lorsqu’un individu exécute un comportement altruiste, le cerveau diffuse une certaine dose de ces hormones, notamment la sérotonine. Selon Loretta Breuning, professeure à l’Université d’Etat de Californie, cette hormone peut être sécrétée lorsque nous avons l’impression d’avoir eu une influence positive sur autrui, ou encore quand nous avons la sensation d’avoir apporté un peu de nous-même au monde. Ainsi, le sentiment d’avoir été présent et utile à une personne en souffrance, d’influencer légèrement et positivement la société belge en participant à un projet citoyen telle que l’écoute active à Télé-Accueil, peut développer une sensation de bien-être et réduire le stress.

Dans le même ordre d’idées, nous pouvons mettre en avant l’intervention de la dopamine, hormone de la réussite et de la récompense. Bien entendu, nombre d’écoutants diraient qu’ils ne font pas l’écoute pour recevoir une récompense et que leur engagement est un acte gratuit et purement désintéressé. Quand bien même, qui pourrait dire qu’un « merci pour votre écoute » ou un petit compliment ne fait pas plaisir, n’encourage ou ne redonne pas de l’énergie ? Aussi infimes que soient ces expressions de reconnaissance, elles représentent une récompense inestimable pour celui qui les reçoit : de la dopamine est alors sécrétée, ce qui rend la personne heureuse. Ceci vient confirmer les études qui montrent que l’expression de gratitude génère un sentiment d’utilité, de compétence, d’accomplissement et de valeur sociale qui augmentent le bien-être psychologique de celui qui l’entend.

3.Pour conclure …

Être bénévole à Télé-Accueil implique d’être disponible et à l’écoute de personnes qui peuvent être en grandes souffrances, dans des situations d’extrêmes détresses. Ces appels peuvent parfois être difficiles à vivre étant donné leur intensité, d’autant plus dans un contexte stressant comme celui de l’épidémie du Covid-19.

Comme nous venons de le voir, les fondements de l’écoute active sont une des nombreuses ressources de notre boîte à outils interne pour faire face à des situations fortes en émotions, sans se laisser envahir par elles, tout en restant connecté à son individualité, sa sensibilité, ses limites.

La sensation d’avoir un impact positif sur les appelants et la croyance dans le bien-fondé de notre ASBL, participent à développer un sentiment de bien-être et de compétence. Pendant le confinement, plusieurs écoutants ont témoigné des nombreux remerciements à l’écoute. Ces derniers peuvent faire beaucoup de bien et donner au bénévole le sentiment d’être utile, en apportant aux appelants une écoute attentive et bienveillante, dans un contexte de crise.

En résumé, ce bénévolat peut être difficile, mais il procure également un sentiment de bien-être psychologique et donne quelques ressources pour diminuer le stress.

Et ce n’est pas tout ! Les bienfaits psychologiques et physiques du bénévolat peuvent perdurer même 50 ans plus tard (Wink et Dillon, 2007) !

Alors voguons vers un monde plus altruiste et solidaire…  Un monde plus humain pour soi et autrui.

Article rédigé par : Lisa Plumecocq, psychologue formatrice.